Recette d’un moment parfait (pour 1 personne)

Ingrédients :

- Farine, oeufs, lait… Tout ce qu’il faut pour faire des crêpes.

- un après-midi de décembre froid, gris et légèrement pluvieux, de la buée sur les fenêtres.

- Du nutella.

- Un bon livre.

- De la bonne musique.

Préparez la pâte à crêpes. Mêlez-y un peu de Cesaria Evora, Sodade à ma préférence. Faites-moi confiance, elles seront meilleures.

Dégustez ensuite vos crêpes tout en lisant Chroniques de la haine ordinaire, de Pierre Desproges.

A sa lecture, je me satisfais de constater que, à défaut de parvenir à supporter ceux qui nous emmerdent, on peut tout au moins les détester avec cynisme et talent.

J’imagine que, comme les crêpes, pour être sûr de bien réussir, le tout est d’y mettre suffisamment de coeur.

Sur ce, je me permets de le citer pour cette phrase qui a illuminé la  fin de ma journée :

“La caractéristique principale d’un ami est sa capacité à vous décevoir”.

C’est si joliment dit !

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Projet (4) Un esprit

esprit oiseau

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Dehors la pub !

Non mais sérieux ? D’où ? C’est quoi ce vieux truc moche tout pourri qui est allé ce foutre-là, en plus dans l’emplacement le moins approprié, sans que je n’ai eu mon mot à dire ??? Et surtout comment virer cette horreur de là ? Comme si on était pas déjà suffisamment saturés de publicités débiles et agressives partout où l’on va, il faut en plus qu’on se fasse envahir de force dans un des seuls endroits où l’on est censés être libres d’expression et seul maître à bord.

Quitte à mettre de la pub sur mon blog, j’aurai au moins choisi un truc en rapport et que je cautionne et avec lequel je me serai rémunérée tant qu’à faire. Hein, autant que j’en profite aussi, quitte à subir un truc aussi moche mis bien en vue, juste au-dessus de mes articles, sans prévenir. Très fairplay, bande de crevards.

 Aucune envie de servir à vendre des trucs malgré moi. Sérieusement, y a des gens qui achètent en voyant des machins comme çà aller s’immiscer arbitrairement dans des endroits où on vient flâner pour voir autre chose ? Moi, ça me donnerait plutôt envie de boycotter.

 Merci de me gâcher le paysage priceminister.

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Projet (3) La faune et la flore

chenille

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Projet (2) Créer un univers…

robe

 J’ai fouillé dans mes vieux carnets à dessin et j’ai retrouvé un truc intitulé “idées” que j’avais complètement oublié. C’était rempli de dessins d’un personnage (pas celui présenté ici), avec tout un tas d’annotations et de flèches griffonnées çà et là. L’avantage de ne pas bien se rappeler ce que c’était, c’est que ça m’a poussé à essayer de réinventer ce que j’avais bien pu vouloir imaginer. Et y avait de la matière.

Puis je suis allée en cours, et pendant les cours, je repensais à çà, et je gribouillais des trucs en même temps dans un carnet à dessin qui ne me quitte jamais quelque soit l’endroit où je vais. J’ai fini par me rendre compte au fil des journées, que j’étais en train de construire tout un univers autour de ce personnage que j’avais retrouvé.

Je m’imaginais les gens qu’il pouvait croiser dans la rue, ce qu’il devait voir autour de lui, notamment cette jeune personne au-dessus ou le prêtre-oiseau que j’ai posté hier. Je commençais même avoir des sons et des odeurs, de petites situations et j’ai compris que j’étais complètement happée là-dedans.

Et comble du merveilleux, wouhou, il s’avère que j’ai justement un endroit parfait où continuer à explorer ce monde là. Ici, donc.

chatmoiseau

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Projet (1)

Prêtreoiseau

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Chevelure

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 J’aime bien les pauses. Les espaces, les interlignes, les en-têtes et les marges. Le blanc. Quand il y a encore la place pour penser, en fait.

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Heureux sont les cancres

crazycat copie Mes meilleurs cours de dessin au collège et au Lycée, c’était ceux de Maths. Aujourd’hui ce sont ceux de compta. Finalement je ne m’y suis jamais véritablement ennuyée !

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Ecrire un bon scénario

lapin nain

Dessiner c’est une chose. Raconter des histoires, ç’en est une autre, dites donc. Tout le monde à des idées (du moins je l’espère), bonnes ou mauvaises, ce n’est finalement pas le problème. D’autant plus que si on a écouté beaucoup d’histoires dans sa vie, que ce soit en allant au ciné ou en ouvrant un bouquin, on se rend compte que c’est toujours dans les vieux pots qu’on mange les mêmes confitures. Même les récits les plus passionnants ressassent les mêmes trucs.  La littérature et le cinéma ne sont que des palimpsestes issus de la nuit des temps et usés jusqu’à la corde.

Non, ce qui fait la différence, c’est la manière. C’est le conteur. C’est la petite touche personnelle qu’il va rajouter à toutes ces vieilles recettes.

Et en parlant de vieilles recettes, j’ai trouvé un livre d’ingrédients plutôt amusant, Ecrire un bon scénario de Michel Chion. Il donne une histoire du scénario en décortiquant plusieurs films célèbres et très divers en en faisant ressortir les procédés, les trucs et astuces. Très instructif, même si cela me conforte dans l’idée qu’on peut avoir les bons ingrédients et la bonne recette, les appliquer à la lettre, ce n’est pas pour autant que le plat sera bon.

Je m’amuse à relire aussi la Poétique d’Aristote, ce texte te laisse un peu sur ton derrière quand tu te dis que ce mec avait défini dans l’Antiquité des grandes règles qui sont encore des références aujourd’hui.

Pas aisé de faire craquer toute cette corseterie rigide, mais est ce que ce n’est pas tendre vers un bon scénario que d’essayer de s’en extirper ?

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Qu’est-ce que le talent ?

arborescences

 

Je suis en train de lire un bouquin très intéressant, Ne surestimons pas le talent, Manageons plutôt nos équipes, de Geoff Colvin. Comme le titre l’indique, il s’agit d’un livre sur le management et qui n’a a priori rien à voir avec l’art.

Je n’ai lu que les premiers chapitres pour le moment, donc je n’ai pas encore considéré l’ensemble du propos de ce type, mais en gros son idée est qu’il n’existerait pas de personnes dotées d’un talent inné. Au contraire selon lui et les études de chercheurs sur lesquelles il s’appuie, le talent s’acquiert par la pratique délibérée.

Il prend notamment pour exemple Mozart, Tiger Woods ou encore Bill Gates. Lorsqu’on parle de “surdoués”, ces noms reviennent souvent associés dans l’imaginaire collectif à des personnalités aux capacités intellectuelles extraordinaires. Cependant, lorsque Geoff Colvin se penche un peu plus sur les faits, il nous apprend par exemple que le père de Mozart, Leopold Mozart, lui-même musicien et compositeur, s’intéressait particulièrement à l’enseignement de la musique aux enfants, l’année de la naissance de Wolfang, il a même édité un manuel d’apprentissage du violon. Le petit Wolfang aurait donc bénéficié d’un enseignement intensif. Ses premières compositions étaient d’ailleurs corrigées par Léopold et ses premiers concertos sont des morceaux d’autres compositeurs remaniés. Lorsqu’il compose son premier chef d’oeuvre, le concerto pour piano n°9, il a alors 21 ans, mais aussi dix-huit années de pratique intensive.

De plus des manuscrits retrouvés montrent qu’il composait de manière laborieuse, en raturant, réécrivant des fragments pour parvenir à créer ses chef d’oeuvres.

De quoi ébrécher un tout petit peu le mythe et se poser beaucoup de questions sur l’origine du talent. Possède-t-il par exemple un caractère génétique ? Est-ce un hasard si l’on retrouve plusieurs artistes dans une même famille et est-ce que cela signifie automatiquement que le talent est héréditaire ?

A cela, Geoff Colvin, apporte une autre idée. Nous nous faisons une telle opinion du caractère inné du talent que par exemple, lorsque nous sommes convaincus qu’une personne en est dépourvue pour une activité quelconque, nous avons tendance à la lui déconseiller. Nos croyances conditionneraient ainsi notre avenir.

Je me rappelle que lorsque j’étais en quatrième, un de mes professeurs (un des plus détestés et incompétents) m’avait insufflée l’idée que j’étais nulle en maths. J’ai fini par m’en convaincre et effectivement les années qui ont suivies n’ont fait que confirmer ce jugement totalement arbitraire. Or, quand je me suis repenchée sur mes bulletins scolaires j’ai noté que jusqu’à cette fameuse année de quatrième, j’avais au contraire toujours eu des résultats plus qu’honorables en maths. Cependant à partir du moment où j’ai intégré involontairement cette croyance, j’ai toujours abordé cette matière en étant persuadée que je n’obtiendrais que des échecs et mes efforts n’ont par conséquent pas été très poussés, à quoi bon après tout, me disai-je ?

En revanche pour ce qui est du dessin, je viens d’une famille dont beaucoup de membres le pratiquaient et tout le monde était convaincu qu’il s’agissait d’un don de famille. Autre croyance que j’ai intégrée involontairement. Il me semblait parfaitement naturel de dessiner et j’y étais très encouragée. Je n’ai jamais mesuré mes efforts en la matière, je dessinais sans arrêt et je dessine toujours sans arrêt d’ailleurs. Je teste toutes les techniques sans appréhension, avec la seule conviction que je vais forcément aboutir à un moment donné au résultat que je recherche.

Comme je n’ai jamais pris de cours, les gens pensent qu’il s’agit d’un don inné que j’ai. Sauf que comparativement à ceux qui se disent “nuls” en dessin, j’ai surtout des années et des années de pratique acharnée (toute ma vie en fait). A la maternelle, tous les enfants dessinent et lorsque je regarde mes dessins et ceux des autres enfants de ma classe, je n’ai pas le sentiment de m’être détachée du lot à ce moment là. La seule différence, c’est que passé la maternelle, eux ont arrêté de dessiner, alors que j’ai continué.

A la rigueur, ce qui fait la particularité de chaque artiste, c’est sa vision du monde et sa sensibilité et çà, peut-être qu’il y a une petite part de génétique, mais il y a surtout une grande part de vécu, d’expériences, de rencontres, de lectures…

Bref, ce bouquin ne détient peut être pas la vérité unique, il y a matière à débat, mais il apporte une réfléxion très pertinente sur le sujet et par ailleurs il est écrit de manière très ludique et très agréable à lire. Je le conseille.

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